La règle 3-2-1 est l’étalon-or des sauvegardes et elle tient en une phrase : trois copies de vos données, sur deux supports différents, dont au moins une hors de vos locaux. Née dans la photographie professionnelle il y a plus de vingt ans, elle est aujourd’hui recommandée par toutes les agences de cybersécurité du monde, car elle reste la façon la plus simple de survivre à presque n’importe quel désastre.

L’intéressant n’est pas la règle elle-même, mais de comprendre pourquoi chaque chiffre est là. Chacun traite un risque différent, et en retirer un vous expose à un scénario précis.

Le trois : survivre à la panne simple

Trois copies, c’est l’original plus deux copies supplémentaires. Cela peut sembler excessif jusqu’au calcul : si la probabilité qu’un support tombe en panne à un instant donné est de un pour cent, avec deux copies la probabilité de perdre les deux en même temps chute à 0,01 pour cent.

Mais la panne matérielle n’est pas l’ennemi principal. L’ennemi le plus fréquent est humain : quelqu’un supprime un dossier, écrase un fichier, ou lance un script qui vide une table de la base. Avec une seule copie, si la suppression a eu lieu avant la dernière synchronisation, vous avez déjà perdu les données des deux côtés.

Le deux : qu’un même défaut n’emporte pas tout

Deux supports différents protègent des pannes corrélées. Deux disques du même modèle achetés le même jour ont une probabilité étonnamment élevée de tomber en panne à des dates proches, car ils partagent lot de fabrication, heures d’usage et conditions thermiques.

Idem pour les erreurs logicielles. Si votre sauvegarde dépend du même système de fichiers ou du même logiciel que l’original, une faille de ce logiciel peut corrompre les deux. Changer de technologie entre l’original et la copie brise cette chaîne.

Le cas du disque USB branché en permanence

C’est l’erreur la plus courante en PME, et il faut la nommer clairement : un disque USB branché en permanence sur le même serveur n’est pas une sauvegarde séparée. Il est dans le même bâtiment, sur le même circuit électrique, exposé à la même surtension, et surtout accessible depuis le même système d’exploitation. Si un rançongiciel entre sur ce serveur, il chiffrera aussi ce disque, car pour lui ce n’est qu’un dossier de plus.

Le un : la copie qui vous sauve vraiment

La copie externe couvre les désastres qui touchent un site entier : incendie, inondation, vol, ou une attaque qui se propage sur tout votre réseau local. C’est la plus contraignante à maintenir et celle que l’on saute le plus souvent, et c’est précisément pour cela qu’elle fait le plus souvent la différence entre une frayeur et la fermeture d’une entreprise.

Pour compter comme vraie copie externe, elle doit remplir deux conditions. La première est évidente : se trouver physiquement dans un autre bâtiment. La seconde est celle que presque personne ne considère : vos systèmes ne doivent pas pouvoir la modifier. Si votre serveur détient des identifiants pour écrire sur la destination distante, un attaquant qui contrôle votre serveur les détient aussi.

La version moderne : 3-2-1-1-0

La règle a évolué face aux rançongiciels. La version étendue ajoute deux conditions :

  • Une copie immuable ou déconnectée, qui ne peut être ni modifiée ni supprimée pendant une période donnée.
  • Zéro erreur aux vérifications, ce qui suppose de contrôler activement l’intégrité des sauvegardes au lieu de la supposer.

Ce zéro est celui qui manque le plus souvent. Une sauvegarde corrompue occupe autant de place qu’une bonne et ne prévient de rien jusqu’au jour où vous en avez besoin.

Comment l’appliquer dans une PME réelle

Pas besoin d’un budget de grand groupe. Un schéma parfaitement valable en PME : les données en production, une copie locale sur un NAS distinct du serveur, et une copie distante chez un prestataire externe. Trois copies, deux technologies, une hors site.

Ce qu’il faut, en revanche, c’est de l’honnêteté dans l’audit. Prenez une feuille et répondez : combien de copies ai-je réellement à cet instant ? Sont-elles sur des supports différents ou toutes dans la même armoire ? La copie externe est-elle vraiment inaccessible depuis mes serveurs ? À quand remonte ma dernière restauration réelle ?

Cette dernière question laisse généralement un silence dans la salle.

Notre approche

Nos services de sauvegarde en Andorre appliquent la règle pour vous : deux centres de données en propre, c’est toujours nous qui ouvrons la connexion avec des identifiants en lecture seule, si bien que vos serveurs ne peuvent jamais écrire sur l’historique, et chaque année nous réalisons un test de restauration réel que nous vous remettons signé. C’est le zéro de la règle étendue, transformé en document.

Si votre infrastructure vit sur un VPS, l’option de sauvegarde quotidienne met le schéma en place sans aucune administration de votre côté.